« J'irais bien voir la mer, écouter les gens se taire. »

« J'irais bien voir la mer, écouter les gens se taire. »
Blanes Camille.






Poupée, avec l'amour t'as pris la poudre d'escampette. T'as désiré le coup d' foudre, t'as dit bonjour à la tempête. Poupée, t'étais cette fille au pays des merveilles, tu lui as ouvert ton coeur plutôt que de t'ouvrir les veines, je sais... T'as vu en lui que ce que seule toi pouvais comprendre. T'étais petite, il était grand, il était tendre, je sais... Et puis pourquoi se justifier l'amour ne s'explique pas ni même le sang qu'on retrouvera chez toi... Par amour, c'est tout ce que t'as su dire. Par amour rien n'est impossible. Par amour... Poupée, t'as débarqué seule sur un quai de gare. Tu venais d'ici, de là-bas et t'allais nulle part. Poupée, t'avais de grands yeux bleus mais cernés de noir. C'était peut-être la raison de ton départ, qui sait ? Lui il a vu que t'étais frêle, que t'étais vraiment dans la merde, il t'a dis "T'es trop belle, viens, je t'emmène poupée". A cet instant c'est devenu ton mentor, ils avaient tort les gens: l'espoir existe encore. Tu sais, ton innocence lui a transpercé le coeur, tu étais son évidence, il était ton âme soeur, je sais rien ni personne ne peut juger les gens qui s'aiment. Ni leurs désirs, ni même la folie qui les traînent... Poupée, elle était loin cette solitude dans le wagon. Prison dorée, t'as pris perpette dans son lagon. Poupée, chez lui c'était le paradis sur terre, t'as même retrouvé le sourire brûlé dans une petite cuillère... Par amour, c'est tout ce que t'as su dire. Par amour rien n'est impossible. Par amour... Poupée, tu n' voulais pas laisser le temps te démolir. T'avais retrouvé le sourire t'étais redevenue solide, je sais! Vous étiez deux enfants perdus à l'abandon, vous êtes devenus deux amoureux contre le monde, poupée! Petite sirène, tu nageais dans l'ambulance, déambulant parmi les gens, rêvant d'une vie beaucoup moins chiante, je sais... T'avais grandi avec lui et tu mourrais avec lui: c'était le seul à t'avoir redonné la vie. Poupée, ton visage avait retrouvé sa lumière. Petite fille sage deviendra-t-elle une meurtrière, qui sait ? Pour ses beaux yeux plus rien n'était impossible, c'était l'amour du vice, l'amour du risque. Poupée, tous les matins il se levait aux aurores, il te disait "Ma fée, je m'en vais juste nous chercher de l'or. Tu sais, le monde s'acharne à faire de nous des incapables. Regarde-moi, tu es ma femme, je ferai tout pour qu'on se barre". Par amour, c'est tout ce que t'as su dire. Par amour rien n'est impossible. Par amour... Poupée, tu étais devenu sa seule héroïne, vous alliez vous en sortir, sans égoïsme, je sais. L'un pour l'autre vous disiez adieu à l'enfer, adieu aux rêves éphémères qui coulaient dans vos veines. Poupée, bientôt la vie sans poison ni artifices, de l'amour, de l'eau fraîche, et des rires sans acide, je sais. Tu étais belle poupée, tu étais sienne, tu étais reine et belle et bien debout dans un monde qui crève! Poupée, il y a des choses que la vie n'explique pas. Il y a des êtres que la mort te prend et ne te rend pas. Poupée, cette voiture, cette vitesse et ton homme sur le pare-brise, au volant une triste femme en crise, tu sais! Elle aussi avait trouvé l'homme de sa vie mais l'a retrouvé dans son lit avec sa meilleure amie, poupée. Dans sa voiture elle a cru pouvoir oublier, oublier de freiner et a fauché ton bien-aimé, poupée! S'il te plait ne cède pas, relève toi, tu le retrouveras, au paradis il t'attendra, poupée. Tout le monde sait que sans lui ce sera dur, tu as perdu ton issue, le seul remède à tes blessures, poupée... S'il te plait ne fais pas ça par amour, arrête! Pose cette arme, ne teste pas ta bravoure, poupée... Repense au lagon, repense à vos rêves... Pourquoi tiens-tu ce canon si proche de tes lèvres, poupée ?... Par amour, c'est tout ce que t'as su dire. Par amour rien n'est impossible. Par amour...

# Posté le mardi 07 avril 2009 13:12

Modifié le mardi 07 avril 2009 13:43

« Toi qui m'aime sans, m'aimeras-tu avec ? »

« Toi qui m'aime sans, m'aimeras-tu avec ? »
Imaginer que sa vie est un rêve
Se demander qui est le rêveur,
Et si ce qu'il voit lui plaît.

# Posté le mardi 07 avril 2009 13:54

« On s'aime trop pour ne pas se détruire. »

« On s'aime trop pour ne pas se détruire.  »
Méfie toi des blessures que l'on ne guérit pas, de mes mains qui rassurent mais on eu tellement froid.Méfie toi de ma peau, elle se souvient de tout, de ce qui est trop beau et n'appartient qu'aux fous. Méfie toi du passé, de sa mémoire immense. Méfie toi de mes peurs, qui reviennent parfois. Méfie toi du bonheur, souvent il n'attend pas. Méfie toi de moi car parfois ça m'abîme... Et même si je t'aime plus que tout, méfie toi de ces chaînes que l'on se met au cou. Et même si je t'aime plus que moi, méfie toi de ma peine et du temps qui s'en va. Méfie toi de moi. Et même si je t'aime plus que tout, même si je t'aime plus que moi.

# Posté le mardi 07 avril 2009 14:06

« Il y a des soirs comme ça où tout s'écroule autour de vous. »

« Il y a des soirs comme ça où tout s'écroule autour de vous. »
Tu t'attendais à quoi ? je lui ai dit. Tu crois que ça va être facile de me quitter ? Tu crois que je vais te laisser faire comme ça ? J'ai lancé le cadre par terre, le verre s'est brisé mais comme c'était pas assez j'ai bondi du lit et j'ai déchiré la photo, celle qu'il prétendait tant aimer, la photo de nous deux en mariés, beaux et légèrement ridicules, il y avait tant de monde qu'on ne connaissait pas à notre mariage qu'on est partis avant la fin.
Il a eu l'air triste, plus de la photo déchirée que du fait de me quitter. Il a toujours été fou avec les photos. Parfois je me disais qu'il n'aimait les choses de la vie que pour les voir un jour en photo. Moi c'est le contraire, rien ne me fait plus peur qu'une photo, rien ne me semble plus faux-cul qu'une belle photo de bonheur avec toute la quantité de malheur qu'elle promet, qu'elle contient, mais sans le dire, en cachant bien son jeu. Je ne savais pas encore que c'était la meilleure chose qui puisse m'arriver, qu'il me quitte. Comment j'aurais pu le savoir ? Il était toute ma vie, sans lui je n'existais pas.
Il portait des baskets neuves, ce soir-là. Il était allongé sur le lit, ses baskets neuves aux pieds. D'abord j'ai cru que c'était parce qu'il en était content, parce qu'il voulait les admirer et me les faire admirer, je ne savais pas que c'était pour partir, en courant, pour toujours. Pourquoi tu n'enlèves pas tes baskets ? j'ai demandé. Elles sont chouettes, mais il est deux heures du matin, t'as envie de faire l'amour avec tes baskets mon amour ? Non, il a dit, sans rire ni sourire, non, j'ai pas envie de faire l'amour avec mes baskets, j'ai quelque chose à te dire. Ah bon, quoi ? Je me suis pelotonnée contre lui. En rentrant de mon bureau, je l'avais appelé : tu as besoin de quelque chose ? Non. Du fromage, des Frosties ? Non. Parce que je vais aller faire des courses, il n'y a plus de Coca, ni de thé je crois, tu veux sûrement quelque chose ? Rien. Rien, t'es sûr, c'est dommage, car je voudrais bien te faire plaisir, moi. Alors, fais-moi plaisir, ne me rapporte rien s'il te plaît. Cette conversation m'avait sidérée. Il ne disait jamais non aux Frosties, d'habitude. Jamais non au fromage. Parfois on se levait la nuit, moi pour aller boire un verre de lait, lui pour se faire un sandwich, on se retrouvait dans la cuisine, ensommeillés, affamés, c'était parmi les moments que je préférais, quand il était décoiffé, tout nu dans le froid, France Info à fond pour écouter le résumé du match de foot. Mais là il ne voulait pas de fromage, rien, c'était la première fois, c'était bizarre.
Tu te souviens comme on se moquait, d'habitude, de ceux qui disent bon il faut qu'on se parle ? il m'a dit, couché sur le lit, ses baskets neuves aux pieds. Oui, pourquoi ? Parce qu'il faut qu'on se parle, là, c'est idiot mais il faut qu'on se parle. Il avait le menton qui tremblait, il avait l'air qu'il a quand il a une sale note, ou quand il s'est disputé avec son père, ou... Non, en fait, il n'a jamais eu le menton qui tremble comme ça, il n'a jamais eu cet air-là, et je lui demande, tout bas, au bord des larmes, en osant à peine poser la question, en n'osant pas entendre la réponse : il faut qu'on se parle, mais de quoi ? Et, comme il hésite : allez, allez, dis-le, je crie, debout soudain près de lui. Je viens de comprendre, en fait, et je le déteste d'avoir compris : dis-le ! dis-le ! La semaine dernière... (il tousse, il prend une cigarette, cherche du feu, n'en trouve pas, repose la cigarette)... la semaine dernière, tu portais ta robe verte, tu sais, celle qui fait se retourner les gens dans la rue et qui me rend toujours si fier, tu m'as dit ça y est, je suis guérie, je vais bien, je vais tellement bien qu'on va pouvoir enfin s'aimer bien, je n'ai plus peur que tu me quittes, tu t'en souviens ? Bien sûr que je m'en souviens, je pense : je me sentais si forte, ce jour-là, j'avais arrêté les amphètes depuis un an, je ne lisais plus son journal intime, je ne parlais plus en dormant, et c'est vrai que je n'avais plus peur qu'il me quitte, et c'est vrai que c'était une drôle de bonne nouvelle, ça voulait dire que la vie allait être plus légère, c'est tellement important la légèreté. Je ne réponds pas, pourtant. Je suis trop atterrée par ce que je suis en train de comprendre et c'est lui qui reprend : eh bien je pars, voilà, je m'en vais, c'est ça le truc que je voulais te dire.

# Posté le mardi 07 avril 2009 15:48

«L'attachement est une absurdité, une incitation à la douleur. Les êtres s'attachent et deviennent dépendants les uns des autres à tel point que lorsque l'un vient a partir, le monde s'écroule autour de l'autre .»





Il m'a dit, un jour, entre deux rayons de soleil, ou peut être par une nuit fraîche, assis dans les graviers le nez levé vers le ciel. Il m'a dit, nous deux on forme un tout, nous deux main dans la main, dans la nuit, sous la pluie. Je l'ai pas cru quand il m'a dit, l'amour n'a pas d'âge, de maison, l'amour n'a ni de raison ni de saison. Est-ce que j'ai choisi de t'aimer ? Il m'a dit, t'es tombée du ciel, comme les flocons qui s'entremêlent dans mes cheveux, comme les larmes qui perlent au coin de mes yeux mais ne tombent plus, maintenant qu'il est là. Et moi, et je, tu, elle, je ne sais plus. Il m'a dit, qui sommes-nous, deux inconnus, tu ne sauras jamais vraiment qui je suis, et moi je t'aime pour ce que tu n'es pas. Il m'a dit, ne t'inquiète pas, un jour si nos chemins se séparent, un jour on se recroisera, quand on oublie, on se souviendra. Je l'ai pas cru quand il m'a dit, j'ai jamais cru tout ce qu'on me dit, je ne crois ni en Dieu ni en lui, ou peut-être bien que si, bien trop en tout ce qu'il dit. Il m'a dit, mais peu importe si tu m'aimes, je suis là dans tes bras, tes doigts entrecroisés avec les miens, il n'y aura plus de jour ni de nuit, je me fous de tout tant que t'es là, les cailloux peuvent bien ricocher tout autour de nous, rien ne m'atteint tant qu't'es là, tant qu't'es là. Il m'a dit, fais tes valises, aujourd'hui, demain n'est plus bien loin. Je l'ai pas cru, pourtant j'aurais dû, il m'a dit, je m'en vais, au creux de l'oreille, comme un murmure, une caresse, ou plutôt une cassure, sous mes pieds le monde, le vrai, s'est ouvert. Il m'a dit, mais j'ai pas compris, j'avais les yeux noyés, chaud, froid, j'ai ri, en pleurant, j'ai ouvert la fenêtre, vue sur la mer, la mort, l'océan d'un regard, d'un miroir, de glace, j'avais le feu au coeur, je me suis mordue les lèvres, jusqu'au sang, je croyais que c'était un rêve, cauchemard. Il m'a dit, je n'entendais plus rien, au revoir, il est parti, sur la pointe des pieds, sans se retourner, et moi, enfermée dans une petite valise, quelque part au creux de son coeur, je n'étais qu'un voyage, pour lui, après tout, un passage dans sa vie, il voulait voir d'autres paysages car il m'avait tout dit.



«L'attachement est une absurdité, une incitation à la douleur. Les êtres s'attachent et deviennent dépendants les uns des autres à tel point que lorsque l'un vient a partir, le monde s'écroule autour de l'autre .»
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# Posté le mercredi 08 avril 2009 15:36

« J'voulais... c'est difficile à dire... tu m'émeus, c'est pas un très joli mot et j'sais pas comment te le dire autrement. Tu me touches. Quand je suis avec toi je... je me sens, je me sens triste et heureux. Et puis aussi je me sens un peu honteux, comme si j'étais quelqu'un de pas bien et puis toi quelqu'un de trop bien. D'ailleurs des fois quand j'suis à côté de toi j'me dis... j'me dis qu'il faudrait que je prenne un bain. Voilà. Ah oui, et puis aussi, dès que tu t'en vas, tu me manques... et même quand t'es là mais que tu regardes ailleurs, tu me manques aussi. »

« J'voulais... c'est difficile à dire... tu m'émeus, c'est pas un très joli mot et j'sais pas comment te le dire autrement. Tu me touches. Quand je suis avec toi je... je me sens, je me sens triste et heureux. Et puis aussi je me sens un peu honteux, comme si j'étais quelqu'un de pas bien et puis toi quelqu'un de trop bien. D'ailleurs des fois quand j'suis à côté de toi j'me dis... j'me dis qu'il faudrait que je prenne un bain. Voilà. Ah oui, et puis aussi, dès que tu t'en vas, tu me manques... et même quand t'es là mais que tu regardes ailleurs, tu me manques aussi.  »


Je voudrais arrêter là, me faire une raison, me dire enfin voilà : C'est fini. Ce pont entre nous deux c'était beau et joyeux, j'avais tant de désir mais pour deux. Bien sur j'ai peur du vide d'être seule dans les moments rudes sans personne qui m'aime. Je t'aime encore parfois. J'ai plus l'coeur à ça. Je veux pas couper les ponts, juste m'en éloigner, faut bien que les gens puissent traverser et comme ca on pourrait encore, si tu veux bien, se croiser. Bien sur j'ai peur du vide. D'être seule dans les moments rudes, sans personne qui m'aime. Je t'aime encore parfois mais j'ai plus l'coeur à ca. J'voudrais retrouver les mots qui t'filaient des frissons dans le dos. Un peu de volupté serait pas de trop. Comme ça on pourrait faire comme si de rien n'était. Bien sur j'ai peur du vide, d'être seule dans les moments rudes sans personne qui m'aime. Je t'aime encore parfois mais j'ai plus l'coeur à ca . Je t'aime encore parfois. Mais j'ai plus le coeur qui bat.



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# Posté le mercredi 08 avril 2009 15:38